Premier stage de la saison, ils sont bons ces petits!!!


Les Couleurs de Goya sont hissées,

il y a de beaux jouets à venir essayer...

Modèles Surf en 150 et 200 L et Carrera 130L.

La saison est lancée, les joujous sont ressortis!!


Planche à voile. Suicidaire flambée des prix
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S'ils voulaient faire disparaître leur sport, ils ne s'y prendraient pas autrement ! Le matériel de planche à voile coûte, chaque année, entre 10% et 15% de plus. La faute à un euro quasiment à parité avec le dollar, mais pas seulement. Jusqu'où les fabricants creuseront-ils leur tombe ?

 

On a connu le temps où la planche à voile était l'engin de plage par excellence, accessible à tous, le moyen de pratiquer un sport nautique simple et financièrement abordable. Mais la roue a tourné depuis que le nombre de pratiquants a diminué et que les volumes de matériels vendus se sont effondrés. Toujours plus pointue, toujours plus chère, la planche à voile est devenue un sport de quarantenaire financièrement à l'aise. Qui, aujourd'hui, pour s'acheter une planche à 4.000 ou 5.000 € tout équipée ? Pour un jeune compétiteur qui se lance en planche olympique RSX, il faut compter un budget de 6.000 € tout compris, avec une nouvelle voile par an pour 1.000 € supplémentaires.

 

Si l'on trouve encore du matériel débutant autour de 500 euros, il faut compter entre 1.500 et 2.500 € pour un flotteur haut de gamme et jusqu'à 1.300 € pour une voile, auxquels il faut ajouter un mât, une rallonge et un wishbone pour la même somme. Vous ne rêvez pas. La planche à voile est devenue un sport très onéreux.

 

Qui en profite ?

Visiblement pas grand monde. Surtout pas les magasins qui récupèrent des marges asthmatiques, et encore moins les concepteurs, à voir leur réorganisation massive de ces dernières années (Exocet à Brest, par exemple). Coût de transport en hausse, de la main-d'oeuvre asiatique en progression. Ce n'est pas véritablement dans cette direction qu'il faut aller chercher l'explosion des prix. Ce n'est pas non plus le cours de la matière première avec un prix du carbone et du pétrole au sens large en chute libre depuis quelques années. On pourrait également penser que le fait d'avoir centralisé dans l'usine thaïlandaise Cobra, 90 % de la fabrication mondiale de planche à voile aurait aidé à faire baisser les prix par effet de série. Tout faux ! La situation du monopole de Cobra et l'augmentation progressive du coût la main-d'oeuvre locale participent à cette régulière élévation du prix. Il faut plutôt aller chercher du côté de l'effondrement du cours de l'euro face au dollar, pratiquement à parité, pour comprendre cette flambée de l'exportation des produits vers l'Europe. Pris à la gorge, les fabricants européens doivent répercuter les hausses régulières, tout comme les magasins de glisse qui crèvent de voir leur volume d'affaires s'effondrer. Pour Jean-Bernard Cunin, bien connu dans le milieu à Brest et qui se sépare actuellement de ses différentes enseignes de glisse, les fabricants font une double erreur : « Continuer à pousser vers le très haut de gamme et continuer à augmenter leurs prix pour tenter de compenser un volume de production en baisse régulière. Ils sont en train de se suicider vers le haut, de se couper de nouveaux pratiquants et des plus jeunes qui n'ont plus les moyens de s'acheter du matériel. À moins d'avoir des parents très à l'aise... ».

 

L'inquiétude des clubs

Même inquiétude de la part des clubs, à l'image des Crocodiles de l'Élorn, terreau de grands champions mais qui a aussi donné le virus à des milliers de planchistes du dimanche.

 « Cette augmentation ? entre 10 et 20 % du prix du matériel tous les ans ? entraîne une participation de plus en plus importante des parents », observe le président, Oliver Grall. « Et ça commence à coincer dans certaines familles », note le président qui assiste, impuissant, à cette flambée des prix.

 « Si Neilpryde est intransigeant sur ses tarifs, nous avons encore une certaine marge de manoeuvre avec le fabricant local Bic (qui produit encore à Vannes) et qui augmente globalement moins que ses concurrents ».

 

Paddle et kite s'envolent

« Il faut revenir à du matériel plus accessible, à une pratique loisirs qui assurera une certaine longévité à ce sport ! ».

 Entraînés dans ce cercle vicieux infernal, les fabricants ont quasiment tous enterré la planche à voile en filant bon train vers le stand up paddle, un sport qui ne s'est pas encore envolé dans les tours et qui séduit aussi par la simplicité de son concept. Skate, kitesurf, paddle... Les jeunes partent naturellement vers des pratiques à leur main. La planche s'éteindra-t-elle avec ses dinosaures encore accrochés au wishbone ?

 

En complément

 

Le custom revient en force

La fabrication de planches à l'unité revient en force. 30 à 40 % plus cher que les planches de grande production il y a quatre ans, le prix des customs est aujourd'hui équivalent, hors remise magasin. Il faut compter entre 2.200 et 2.500 € pour se faire fabriquer une planche sur mesure, selon son plan d'eau, son programme, son poids et ses gréements, déco perso comprise. Une planche complètement personnalisée puisque unique en son genre. En plus de pouvoir suivre les étapes de fabrication, on profite d'une construction et d'une finition des plus soignées, avec du vrai carbone (full carbon) et une construction maison qui insiste parfaitement sur les éléments à renforcer. La longévité, l'efficacité structurelle de la planche fait-maison n'est pas à comparer au produit de grande série, en général soigné à plus de 2.000 €, mais tellement plus irrégulier en terme de qualité. L'écart de prix entre les planches haut de gamme de grande série et les customs n'est plus aujourd'hui significatif. Les customs réalisés par Benoît Lahaut (Belzh) ou Jean-Marie Guiriec (XT Design) sont aujourd'hui moins onéreux que les planches les plus haut de gamme de la grande série. Une étonnante évolution qui donne raison à ceux qui ont gardé la dynamique et le savoir-faire du fait-maison. Le travail à l'unité, réalisé en France, prend sa revanche face à une production sud-asiatique qui a peut-être atteint ses limites.

La production bretonne s'impose

Et si la solution passait par des flotteurs plus accessibles, moins haut de gamme, moins pointus et davantage grand public ? C'est l'avis partagé par un grand nombre de spécialistes de la question. Et si le salut passait par un retour à une production locale, sans intermédiaire, sans transport, sans délai de livraison à rallonge et bilans carbone déplorables ? D'une certaine manière, l'usine de Bic, à Vannes, a toujours gardé le cap en produisant des planches à voile moyenne gamme et en abandonnant, ces dernières années, ses constructions les plus exigeantes en carbone. Chaque année, Bic nous refait le coup en annonçant le réveil potentiel d'une chaîne de production haut de gamme. À moins que cette production ne s'effectue aussi en Chine, où l'entreprise étudie le démarrage d'une unité de production. Parmi les paris industriels 100 % français et bretons et plutôt haut de gamme, R1 Concept, la société qui commercialise les flotteurs Elix à Ploemel, près d'Auray (Morbihan), est en train de remporter son pari de la construction locale. Il fallait y croire, il y a 20 ans, lorsqu'Erwan Le Gallic se lançait dans le surf. L'augmentation des produits d'importation rend aujourd'hui très compétitif le 100 % made in Breizh.

 

Fini les planches lambda !

Aujourd'hui, la société sort 480 planches par an avec un niveau de finition et d'accessibilité qui trouve sa place sur le marché. « Lorsque les prix de flotteurs ont dépassé les 2.000 €, il y a quatre ans, cela nous a confortés dans l'idée de continuer et de développer notre gamme de planche à voile proposée entre 2.090 et 2.390 € », commente Erwan Le Gallic. Process maîtrisé, qualité des matériaux utilisés. Cette petite production industrielle ne cesse d'attirer les pratiquants éclairés qui choisissent un article parfaitement tracé et abandonnent les planches lambda réalisées par des dizaines de petites mains asiatiques, au terme d'un improbable voyage planétaire.


Très bonne Année 2016 à tous!

On vous souhaite tout le meilleur, vent, soleil, et du temps pour en profiter.